PhD Guillaume Jouve

Ma thèse de doctorat a eu pour but de comprendre comment les propriétés sédimentaires sont influencées par le climat et l’environnement au cours du temps. Nous avons donc étudié l’aspect sédimentologique et géochimique à l’échelle microscopique (μ-XRF, MEB-EDS, granulométrie laser et par analyse d’image) des sédiments lacustres de la Laguna Potrok Aike. Nous nous sommes intéressés à plusieurs thèmes de recherche : (1) les changements abrupts du climat en Patagonie et ses relations avec les signaux antarctiques, région qui entretient des relations étroites avec notre site d’étude en raison de leur proximité ; (2) les relations entre la nature du sédiment (composition et granulométrie) et son signal géochimique ; (3) les résultats μ-XRF en tant qu’indicateur des changements environnementaux et climatiques. 

Les analyses microsédimentologiques lors du Tardiglaciaire, entre 10500 et 15500 ans BP âges calibrés, ont permis de mettre en lumière l’impact géochimique d’une multitude de fragments de ponces au sein des sédiments. De ce fait, les interprétations des signaux XRF ont été revues et une nouvelle interprétation a pu ainsi être proposée pour cette période, en accord avec les autres proxies développés dans le projet PASADO. Ainsi, contrairement à ce qui avait été proposé précédemment, il semblerait que cette période soit caractérisée par des vents d’est dominant et un climat relativement froid avec des étés doux. Ensuite, nous nous sommes intéressés à l’Holocène, vers 8400 ans BP âges calibrés ; l’étude à très haute résolution de six lames minces nous a permis de montrer que le plus fort taux de sédimentation enregistré dans notre séquence sédimentaire est due autant à la précipitation de calcite et de monohydrocalcite in situ qu’à l’apport hydrologique ou éolien. Par conséquent, cet épisode peut être aussi bien relié à des variations de température qu’à des variations de régime des vents, eux-mêmes en relation avec les régimes de précipitations. Enfin, nous avons montré que sur de longues séquences sédimentaires lacustres, l’étendue des variations des microfacies peut être très importante, que des microfacies similaires peuvent avoir des signaux géochimiques différents et inversement. Par conséquent, rares sont les proxies μ-XRF qui peuvent être utilisées pour notre séquence sédimentaire lacustre au complet, ce qui met en avant l’idée que l’utilisation d’une proxy μ-XRF développé pour un site d’étude ne peut pas être automatiquement appliquée à un autre.
Pour accéder aux données publiées :
http://doi.pangaea.de/10.1594/PANGAEA.807438